Lever un verre à la Bourgogne

Du Mâconnais à Beaune, il existe de multiples façons de vivre la riche histoire viticole de la Bourgogne Pour beaucoup de gens, le 4 juillet signifie l’indépendance et liberté, la naissance d’une nation, etc. Pour la Bourgogne, en France, cela représente quelque chose de tout à fait différent ; cela représente la vénération de siècles de tradition et de culture, car c’est ce jour-là, en 2015, que les climats de Bourgogne ont officiellement été reconnus par l’UNESCO. Regroupant bien plus que ses caractéristiques géologiques, géographiques et météorologiques uniques, ces parcelles représentent plus de 2000 ans de savoir-faire et de patrimoine viticoles qui ont inspiré la viticulture dans le monde entier. S’étendant principalement de Dijon à Beaune, la Bourgogne compte certains des domaines viticoles les plus prestigieux, dont les joyaux les plus prisés peuvent atteindre des milliers d’euros par verre. Le meilleur de la Bourgogne Produisant quelques 200 millions de bouteilles de vin chaque année, la Bourgogne est connue pour offrir peut-être la meilleure expression des cépages chardonnay et pinot noir au monde. Parmi ses vignobles, on trouve des appellations célèbres et des communes aux histoires de contes de fées, comme Vosne-Romanée, qui abrite la Romanée Conti, qui signifie “vin du prince” Ils sont situés sur des parcelles de terrain, dont plus de 1200 composent les climats. Ils sont aussi si précisément définis que le prix et le goût d’un vin d’une parcelle peuvent être étonnamment différents de ceux de la parcelle voisine. Les siècles d’histoire de la Bourgogne en matière de vinification jouent également un rôle, ayant affiné l’art de génération en génération. Mais plus que du vin, les climats offrent tout ce que promettent les sites de l’UNESCO : ses paysages somptueux de collines et de vignobles à perte de vue, parsemés de villages romantiques avec leurs clochers et leurs rues pavées de pierre ; sa culture riche, son histoire, ses monuments et son architecture. Beaune abrite par exemple, les Hospices de Beaune, qui datent du au 15ème siècle, et qui sont désignés à la fois comme un ancien hôpital (qui est aujourd’hui un musée, et qui vaut la peine d’être visité) et un domaine viticole. Ses 60 hectares de vignes produisent certains des meilleurs vins de Bourgogne. Toutes ses vignes proviennent de dons et leur vin est vendu chaque année en novembre lors de ce qui est peut-être aujourd’hui la vente aux enchères de vin de charité la plus célèbre au monde. Beaune accueillera bientôt l’une des trois nouvelles « cités du vin » consacrées à tout ce qui concerne le vin en Bourgogne. Les premières pierres de la future Cité du Vin de Beaune ont été posés sur le site cette année. Plus qu’un simple bâtiment, le complexe de Beaune comprendra des hôtels, des salles de conférence et un grand bâtiment, ressemblant à une forme de spirale inspirée d’une vigne enroulée autour de son treillis. Les visiteurs seront plongés dans le monde de la viticulture et de la viniculture centenaires, de la vigne au verre, avec des vues spectaculaires sur les domaines viticoles environnants. Il fera partie d’un projet englobant trois attractions, avec des centres et expériences viticoles plus petits mais tout aussi révérencieux promis à Chablis, au nord, et à Macon, au sud, également. L’ensemble devrait ouvrir ses portes en 2022. Merveilleux Mâconnais Mâcon est au cœur du Mâconnais, la région peut-être moins connue de la Bourgogne, tout aussi charmante mais beaucoup plus accessible en termes de prix que ses cousins du nord. Ici aussi, vous verrez un paysage magnifique et des vignerons passionnés au milieu d’appellations telles que Macon, Saint Véran et Pouilly-Fuissé. Produisant principalement des vins blancs (le chardonnay étant le plus répandu dans cette région), Macon produit également un peu d’aligoté et des quantités beaucoup plus faibles de pinot noir. De plus, comme elle touche à la région du Beaujolais, vous y trouverez également de belles parcelles de gamay. Parsemé de châteaux d’abbayes médiévales et de formations géographiques telles que des grottes et des formations rocheuses, il y a beaucoup à voir même depuis le confort de votre voiture. Mais la viticulture reste le pilier du Mâconnais, alors quelle meilleure façon de passer un week-end ou quelques jours que de visiter, voire même de séjourner dans un domaine viticole. Se réveiller dans un tonneau de vin Une façon de vivre pleinement l’expérience du vignoble est non seulement d’admirer les tonneaux de vin, mais aussi de dormir dans l’un d’entre eux. Le Clos de Grand Bois à Lugny propose depuis quelques années cette aventure unique, chaque tonneau pouvant accueillir confortablement jusqu’à quatre personnes. Chaque tonneau porte le nom d’un cépage bourguignon (Chardonnay, Aligoté, Muscat, Pinot Noir et Gamay) et le séjour comprend le petit-déjeuner dans le bâtiment principal ainsi qu’une visite guidée et une dégustation. Le Grand Bois, une cave à prédominance de chardonnay dans un terrain qui comporte également une grande zone boisée, abrite des vignes depuis au moins 300 ans, bien que les vignes aient été laissées l’abandon à de nombreuses reprises. Elle aussi, comme pratiquement tous les domaines viticoles de France, a été dévastée par la crise du phylloxéra dans les années 1880, un tournant dans l’histoire du vin français. C’est à cette époque qu’un insecte nuisible, connu sous le nom de phylloxéra, a ravagé environ 90% des vignes françaises, obligeant les viticulteurs à arracher toutes leurs précieuses vignes, car aucun traitement ne s’est avéré assez efficace. Ce fut, sans surprise, un désastre pour l’industrie, qui a cherché des alternatives, et en a finalement trouvé une sous la forme de vignes américaines, résistantes au virus. Cependant, les vignes américaines, n’étant pas destinées au vin à l’époque, ne produisaient pas de très bons vins, de sorte que les premières tentatives se sont avérées infructueuses. La solution a été trouvée plus tard en greffant des vignes françaises sur les vignes américaines. Ainsi, à ce jour, la plupart des vignes et des cépages en France, et même dans le monde entier, sont constitués de vignes greffées sur des vignes américaines Quelque 100 ans plus tard, cependant, les vignes ont été relancées par le vigneron Joseph Lafarge, issu de dix générations de vignerons. Les vignes, soigneusement entretenues par lui-même et plus tard par ses descendants, ont été récompensées à la fois pour leur qualité viticole et touristique. Aujourd’hui, alors qu’une grande partie de leur vin est vendue à la Cave de Lugny, une coopérative viticole renommée, qui produit des vins de qualité à partir des vignobles de la région, les Lafarge produisent de plus en plus leur propre marque sur place. Produisant principalement du vin blanc tranquille à partir de chardonnay, ils produisent également du vin mousseux, quelques rosés et un peu de rouge à partir de pinot noir et de gamay. Accessibles en termes de prix, les vins reflètent la culture et l’essence de la Bourgogne, mais surtout le terroir où ils sont produits. Allez en automne Pour vivre pleinement l’expérience du domaine, pour se sentir totalement immergé dans la splendeur de la Bourgogne et de Lugny, il vaut mieux s’y rendre vers la fin du mois d’octobre. Depuis la porte du domaine, tournez à droite et promenez-vous dans la forêt pendant une dizaine de minutes avant d’apercevoir les vignobles environnants dans toute leur splendeur; des kilomètres de vignes à perte de vue, dans toutes ses nuances d’or et d’orange, parsemées de charmants villages et de leurs églises. Puis, lorsque vos yeux en ont eu assez, rendez-vous dans la ville de Lugny, ou l’un des villages locaux, qui regorgent tous d’histoire du Moyen Âge. La meilleure façon de voir Lugny, le Mâconnais, et en fait toute la Bourgogne, est de le faire en plein air. L’office de tourisme publie une carte qui détaille 800 km d’itinéraires cyclables en Bourgogne, empruntant principalement des pistes cyclables ou des routes tranquilles, ce qui vous permet de choisir votre section et de profiter pleinement du charme des villages et vignobles français authentiques. Cet article a été publié pour la première fois dans le magazine PECB Insights

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