Actualités - Millésime 2021 en Bourgogne : une attention de tous les instants

Mais que se passe-t-il ces jours-ci dans votre vignoble préféré ? Où allez-vous pouvoir passer votre prochain week-end, emmener vos amis ?
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Millésime 2021 en Bourgogne : une attention de tous les instants

Le millésime 2021 en Bourgogne a demandé, jusqu’aux tout derniers jours, une attention constante. Heureusement, sauf pour les volumes, les belles réussites sont à la hauteur des efforts consentis.

Millesime 2021 en Bourgogne

Il a fallu sacrifier beaucoup pour que la qualité soit au rendez-vous. Pourtant, tout en souhaitant un millésime 2022 plus serein, Francois Labet, co-Président du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne - Bourgogne Wine Board, s’exclame à propos du millésime 2021 : « Small is beautiful ! ».

Retour en détail sur cette année particulière :
Après 3 années consécutives de récoltes précoces débutées en août, le millésime 2021 revient à des dates plus traditionnelles pour la Bourgogne. Les vendanges démarrent autour du 18-20 septembre pour les vins tranquilles. Conséquence des pertes importantes de volumes liées au gel d’avril, elles sont groupées, s’enchaînent rapidement et se terminent tout début octobre. Avec une météo versatile tout au long de l’été, marquée par des sauts brutaux de température et des précipitations très localisées, les viticulteurs ont dû fournir un travail acharné jusqu’au bout.

Un gel historique par son étendue et son intensité
L’hiver 20-21 est marqué par une alternance de douceur et de temps froid, mais reste, en moyenne, plus doux et plus arrosé que la normale. Après un net rafraîchissement mi-mars, les températures remontent significativement et deviennent même estivales pendant la semaine Pascale (29 mars-3 avril).

Le cycle végétatif de la vigne est alors brusquement stimulé. En l’espace de quelques jours, certaines parcelles, particulièrement en Chardonnay, atteignent le stade mi-débourrement (tout début avril). C’est alors qu’intervient un changement de temps très brutal, dans la nuit du 5 avril. La descente d’une grande masse d’air polaire provoque d’importantes gelées, en particulier les nuits des 6 au 9 avril. Ces gelées touchent l’ensemble du vignoble, les bourgeons, déjà sortis du coton, sont très fragiles. Le futur volume de récolte est dès lors largement impacté, sans qu’il soit possible d’évaluer les pertes, tout le vignoble étant touché, mais dans des proportions très hétérogènes.

La vigne, choquée par cet épisode violent, met du temps à reprendre le cours de son cycle, d’autant que mai est globalement plus frais et plus arrosé que la normale. Les contre-bourgeons ne créent pas la surprise : ils ne portent que très peu de fruits.
Heureusement, les températures retrouvent des valeurs de saison dès les premiers jours de juin. Elles « s’envolent » même à partir du 8 juin, culminant joyeusement au-dessus des moyennes.

Une floraison idéale et très rapide
La floraison s’enclenche alors et se déroule (très) rapidement, à la faveur du temps chaud et sec, offrant des conditions idéales pour la pollinisation et la formation des futurs fruits. Les dates du stade mi-floraison (50 % de fleurs ouvertes) sont proches de celles observées en 2019 : entre le 13 juin, pour le Chardonnay en Mâconnais, et le 18 juin, pour le Pinot Noir en Côte de Nuits. Si le rythme est rapide, la fructification est disparate dans le vignoble selon l’importance des dégâts de gel.

Le maintien de températures élevées provoque ensuite une pousse très rapide de la végétation, permettant au millésime 2021 de rattraper une partie du retard pris entre avril et mai.

Un début d’été marqué par la fraicheur
De fin juin à début août, les viticulteurs connaissent un basculement des conditions météorologiques, avec une période pluvieuse. La vigne pousse très rapidement, demandant un travail considérable pour gérer les travaux en vert (le relevage s’est avéré particulièrement chronophage) et contrer la pression des maladies qui font leur apparition.

Le répit arrive enfin à la mi-août, avec le retour d’un temps durablement sec. Le stade mi-véraison, moment où les baies changent de couleur, intervient en moyenne autour de la mi-août. Le temps sec et le vent du nord permettent aux raisins de mûrir progressivement.

Les Pinot Noir lancent les vendanges
Cet intermède est de courte durée. La fin août marque le début d’un épisode automnal qui s’éternise jusqu’aux vendanges. Il faut assurer un suivi quotidien des paramètres de maturité technologique, aromatique et phénolique, tout en contournant les obstacles météorologiques pour vendanger à la maturité souhaitée.

Les vendanges pour le Crémant de Bourgogne commencent le 8 septembre dans le sud de la Bourgogne ; celles pour les vins tranquilles s’amorcent autour des 18-20 septembre. Une fois n’est pas coutume, les cépages noirs (Pinot Noir, Gamay, César) sont les plus avancés en maturité, en particulier le Pinot Noir. Beaucoup de professionnels commencent donc la récolte avec les vins rouges pour exploiter la maturité aromatique des raisins. Le Chardonnay est un peu plus en retard, sans doute en raison du stress causé par le gel. Il est vendangé en dernier.

Les rendements sont globalement très hétérogènes, tous secteurs confondus. Il faut composer avec des volumes de vendanges faibles, voire extrêmement faibles sur les vignes les plus touchées par le gel et/ou, parfois, la grêle. Ce phénomène est accentué par un tri drastique au moment des vendanges et à l’arrivée en cuverie.

Isabelle Meunier, viticultrice à la Cave de Lugny et membre du bureau de l’Union des Producteurs et Vins de Mâcon (UPVM) vous présente la genèse de ce millésime à travers une courte vidéo.

Pour aller plus loin dans la compréhension des étapes de développement de la vigne

 

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