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Technique et innovation : 3 axes forts pour imaginer la Bourgogne de demain

Le 12/03/2026

© BIVB

Le Pôle Technique et Innovation (PTI) du Comité des vins de Bourgogne mène ou co-finance une soixantaine de projets de recherche et d’expérimentation dédiés à la préservation de la qualité des vins de Bourgogne et à l’évolution durable du patrimoine viti-vinicole de la région. 
 

Au cœur de ce dispositif, 3 projets entrent cette année dans une phase cruciale de développement : la plateforme de partage des expériences sur l’adaptation des pratiques face au changement climatique "Vitilience CAP-2050", le programme de recherche sur la longévité des vins blancs "Apogée" et le programme de création de variétés résistantes à typicité régionale "CEPInnov".

Depuis 10 ans, le Comité des vins de Bourgogne a régulièrement augmenté ses budgets dédiés à la recherche de solutions pour faire face aux enjeux et conséquences du dérèglement climatique.

Avec un budget de plus de 3 millions d’euros, la stratégie repose sur une équipe pluridisciplinaire de vingt personnes, ancrée dans son territoire pour : 
• Accompagner les vignerons dans l’évolution de leurs pratiques à la vigne et à la cave
• Anticiper les enjeux futurs et construire des modèles de production durables
• Intégrer les maisons et domaines au cœurs des projets
• Développer des méthodes de co-construction avec la grande diversité des acteurs de la filière
• Utiliser une démarche collective pas à pas pour inscrire les changements dans le temps long

Partage d’expériences pour accélérer la mise en œuvre des nouvelles pratiques

VITILIENCE CAP-2050 vise à renforcer la résilience du vignoble bourguignon face au changement climatique à l’horizon 2050. Lancé en janvier 2026 pour 3 ans, son ambition est de concevoir et expérimenter des systèmes viticoles innovants permettant aux entreprises de Bourgogne d’être adaptées aux futures conditions de production et robustes sur le plan économique à l’horizon 2050.

Ce projet a la particularité de reposer sur 4 « combinaisons de leviers » qui seront évaluées dans un démonstrateur pour explorer de nouveaux systèmes de production : plusieurs modifications qui ont un petit effet dans le système de production peuvent, lorsqu’elles sont mises en œuvre ensemble, avoir un effet tout à fait significatif dans la résilience du système.

Ces leviers sont :
• Diversifier le matériel végétal
• Se protéger des aléas climatiques (gel, grêle, échaudage)
• Réduire l’empreinte carbone par la densité de plantation et le matériel végétal
• Gérer le stress thermique et préserver la typicité des vins

Pour cela, CAP-50 s’appuie sur un démonstrateur principal – c’est-à-dire un lieu physique comprenant des parcelles d’essais – le Vinipôle Sud Bourgogne – et sur un réseau de domaines viticoles pilotes répartis sur tout le vignoble. Cette année, le démonstrateur accueillera les maisons et domaines lors de 7 évènements à travers toute la Bourgogne : dans les trois Cités des Climats et des vins de Bourgogne, les lycées viticoles, lors de portes ouvertes organisées dans les parcelles expérimentales et dans les domaines viticoles pilotes. 

Une nouvelle étape sur la voie des variétés résistantes de demain

L’une des conséquences les plus visibles du dérèglement climatique est la pression de plus en plus forte de l’oïdium et du mildiou. Situation difficile à concilier avec l’envie de réduire l’usage des produits phytosanitaires. 

Le programme CEPINNOV, mené en partenariat avec la Champagne, vise à créer de nouvelles variétés réunissant les qualités du Pinot Noir ou du Chardonnay, mais nécessitant beaucoup moins de produits phytosanitaires face à ces maladies. Le processus de création permet d’imiter le travail de la nature et de choisir les qualités que l’on désire pour ces nouveaux cépages. Il faut en général une quinzaine d’années pour y parvenir. 

Ce ne sont pas des OGM : les individus sont nés par application de pollen de variétés résistantes sur des fleurs de Pinot Noir et de Chardonnay. Après cette première étape, plusieurs milliers de pépins résistants ont été récoltés, puis 350 nouvelles variétés ont été plantées à raison de 5 pieds par individu. Pendant 6 ans, ils ont subi des tests et les équipes les ont vinifiés, pour vérifier leurs qualités et arriver à la sélection actuelle.

Engagé il y a 10 ans, CEPINNOV aborde cette année une étape charnière : la sélection finale. Celle-ci se traduira par la plantation prochaine d’une parcelle expérimentale en Côte Chalonnaise (la Champagne ayant une parcelle jumelle). Une quarantaine d’individus ayant montré des résultats prometteurs lors des tests et micro-vinifications réalisés pendant 6 ans seront plantés en plus grand nombre. Les chercheurs pourront ainsi vérifier leur résistance aux maladies, mais également leurs qualités organoleptiques. 

A terme, les quelques individus qui auront réussi toutes les épreuves pourraient être inscrits au cahier des charges des AOC de Bourgogne, mais seulement au titre de cépage accessoire. C’est-à-dire, qu’ils ne pourront pas dépasser 10 % de l’assemblage.

Un marqueur clé identifié dans la longévité des vins blancs, symbole d’excellence en Bourgogne

Le Comité des vins de Bourgogne, en collaboration avec l’Université de Bordeaux, fait progresser un enjeu clé pour les vinificateurs : mieux comprendre et anticiper la longévité des vins blancs de Chardonnay. Lancé il y a cinq ans, le programme APOGÉE s’attaque à une « boîte noire » souvent citée sur le terrain : la composition intrinsèque du vin et son rôle dans la sensibilité à l’oxydation. Objectif : développer un outil de diagnostic précoce capable d’évaluer le potentiel de vieillissement, au-delà des facteurs externes déjà connus (température, oxygène, choix du bouchon).

Une étape clé vient d’être franchie. APOGÉE a redéfini la longévité de manière opérationnelle : la capacité à développer un bouquet de vieillissement typique (fruits à chair blanche, agrumes, noisette), plutôt que de basculer vers des arômes d’oxydation jugés négatifs (noix, miel, pomme de terre bouillie).

L'arôme de pomme de terre bouillie, le méthional, est apparu comme un marqueur central du vieillissement prématuré du Chardonnay.

Véritable bombe à retardement, cette molécule peut désormais être quantifiée, ce qui permet d’estimer la sensibilité future du vin. Mieux, les chercheurs ont réussi à mettre au point une méthode analytique afin d’identifier de manière précoce la sensibilité d’un vin à l’oxydation. La suite du programme de recherche se focalisera à rendre cette méthode accessible aux laboratoires œnologiques.

Parallèlement, la mise en place d’essais de dates de vendanges, a montré que celle-ci a un impact sur la quantité de méthional dans les vins.

Le programme va se poursuivre encore 2 ans, avec 3 chantiers prioritaires :
- Faciliter les analyses pour les viticulteurs
- Explorer la faisabilité d’un diagnostic encore plus précoce (stade moût)
- Consolider les résultats pour que l’ensemble des viticulteurs puissent en bénéficier.

Contact presse :  Mathilde Paturaud - Attachée de presse France
Tél. 06 78 78 07 68 - mathilde.paturaud@bivb.com

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