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La Bourgogne confirme sa résilience dans un marché en recomposition

Le 12/03/2026

© BIVB / Jessica VUILLAUME

Le début de la campagne 2025-2026 s’inscrit dans la continuité de la campagne 2024-2025 :
• Les sorties de propriété reculent en bouteilles, progressent en vrac et en moûts-raisin sous l’effet d’une récolte 2025 plus généreuse, mais sans signal de reprise franche de la demande.
• Les stocks reviennent à un niveau conforme à la moyenne récente, marquant la fin du cycle de reconstitution amorcé après 2021 et offrant un disponible cohérent avec la prudence des marchés aval.

Dans un environnement national marqué par une consommation plus rare mais plus choisie, le vin continue de se valoriser symboliquement et culturellement. Cette évolution bénéficie directement aux vins de terroir, dont ceux de Bourgogne, qui répondent aux attentes de qualité, d’origine et de lisibilité. En grande distribution, la catégorie des vins reste sous pression (- 3,6 % volume 2025/2024).

Mais les vins de Bourgogne résistent mieux que la moyenne, portés par un segment « Bourgogne accessible » structuré autour des marques génériques et des MDD, et par des AOC repères comme les AOC Régionales de la Bourgogne et les vins de Chablis.

À l’export, la Bourgogne maintient son rôle de locomotive qualitative, avec une hausse des volumes (+ 3,7 % 2025 / 2024) et malgré une valeur en léger recul, dû à un repositionnement plutôt qu’un retrait. Les marchés sont en mutation importante : les États-Unis se contractent dans un environnement tarifaire instable, tandis que le Royaume-Uni, le Canada, la Belgique et la Suède affichent des progressions solides.

Les segments d’accès (AOC Régionales en blanc et Crémant de Bourgogne) confirment leur rôle structurant dans cette nouvelle phase de marché, tandis que la Bourgogne consolide sa part mondiale (12,5 %, + 0,8 points / 2024), signe d’un rayonnement qui s’affirme dans un cycle plus mouvant.

Un début de campagne 2025-2026 qui prolonge le ralentissement amorcé en 2024-2025

Les six premiers mois de la campagne 2025‑2026 confirment le ralentissement engagé sur la campagne précédente. L’ensemble des sorties de propriété (bouteilles, vrac, « moûts & raisin ») évoluent dans un contexte moins porteur, marqué par une demande en retrait et une prudence accrue des opérateurs.

Sorties de propriété en bouteille : un début de campagne en recul après un rebond en 2024‑2025
Les sorties en bouteilles atteignent 286 460 hl sur les 6 premiers mois de 2025‑2026, un volume inférieur à celui observé sur la même période de la campagne 2024-2025 (304 197 hl). Cette évolution traduit un ralentissement de l’écoulement après la hausse enregistrée en 2024‑2025 (+ 6,2 %, /6 mois 2023-2024).

Le recul touche l’ensemble des couleurs :
• Vins blancs : 184 906 hl sur le début de campagne 2025-2026, en retrait par rapport à 194 581 hl des 6 premiers mois 2024-2025
• Vins rouges : 87 120 hl, en dessous des 97 465 hl
• Crémant de Bourgogne : 13 759 hl, en hausse mais dans un volume structurellement limité
Globalement, les sorties de propriété en bouteilles amorcent une phase de correction, cohérente avec un marché devenu plus attentif et un environnement économique qui continue de peser sur la consommation.

Sorties de propriété en vrac : un niveau en hausse, qui ne retrouve pas la vigueur des campagnes précédentes
Les sorties vrac atteignent 439 736 hl sur les 6 premier mois 2025-2026, un volume supérieur aux 382 192 hl observés en 2024‑2025 à la même période.

Dans le détail des couleurs :
• Vins blancs : 249 102 hl (vs 209 798 hl des 6 premiers mois 2024-2025)
• Vins rouges : 61 179 hl (vs 54 233 hl)
• Crémant de Bourgogne : 129 155 hl (vs 118 093 hl)

Sorties de propriété en « moûts & raisin » : une hausse liée à une récolte plus importante
Ces sorties atteignent 362 987 hl sur les 6 premiers mois de 2025‑2026, contre 300 837 hl un an plus tôt. Cette hausse est essentiellement liée à une reprise de disponibilité, liée au millésime 2025 avec un volume proche de la moyenne. Ce qui fait suite à une campagne particulièrement faible en 2024‑2025 (- 32 % sur la campagne précédente 2023-2024).

Toutes les couleurs progressent, même si l’évolution reste hétérogène :
• Vins blancs : 196 160 hl (vs 159 649 hl des 6 premiers mois 2024-2025)
• Vins rouges : 44 447 hl (vs 31 003 hl)
• Crémant de Bourgogne : 122 079 hl (vs 110 118 hl)

  • Des stocks à la propriété revenus à un niveau comparable à la moyenne

Les stocks à fin juillet 2025 se situent à un point d’équilibre (1 181 698 hl), en retrait par rapport au niveau élevé de 2024 (1 361 335 hl), mais aligné sur la moyenne des cinq dernières campagnes.
La baisse enregistrée entre 2024 et 2025 (- 13 %), avant l’enregistrement de la récolte 2025, marque la fin du cycle de reconstitution amorcé après le point bas de 2021. Malgré ce recul, les niveaux actuels demeurent significatifs, ce qui permet d’aborder la nouvelle campagne avec un disponible cohérent au regard du rythme de demande.

Les niveaux observés à fin juillet 2025 montrent un profil de stock à la propriété stabilisé mais contrasté selon les couleurs :
• Vins blancs : 687 420 hl. Niveau inférieur à 2024 (708 654 hl), mais toujours structurant puisqu’il représente plus de 58 % du total.
• Vins rouges : 413 658 hl. Repli marqué par rapport à 2024 (494 487 hl), confirmant un mouvement de baisse entamé depuis 2019, essentiellement du fait des rendements.
• Crémant de Bourgogne : 76 986 hl. Forte baisse après le pic exceptionnel de 2023 (153 003 hl), traduisant un retour à une situation plus habituelle.

  • Des transactions en nette reprise, portées par une disponibilité supérieure et un rééquilibrage des flux

Après une année 2024 marquée par un net ralentissement des volumes enregistrés en transaction vrac entre opérateurs, les 6 premiers mois de la campagne 2025 retrouvent une dynamique grâce, essentiellement, à un millésime 2025 plus généreux.

Les volumes totaux atteignent 590 156 hl, soit + 27 % par rapport à 2024 (463 685 hl), dont + 37 % sur le seul millésime 2025 / millésime 2024, mais - 18 % pour les millésimes antérieurs.
Cette hausse replace les transactions au niveau des années hautes du cycle (2018, 2022), après une année 2024 pénalisée par une petite récolte.

Cette progression est d’autant plus notable que, sur la dernière décennie, seules trois campagnes ont dépassé le seuil de 590 000 hl (2018, 2022, 2025), en cohérence avec une récolte plus favorable.

France : les vins de Bourgogne avantagés par une consommation moins fréquente, mais plus choisie

En 2025, la consommation de vin en France confirme une évolution profonde : les Français boivent moins souvent du vin (77 % en consomment, contre 85 % en 2019), mais ils le choisissent avec davantage d’attention. Loin de traduire un désintérêt, ce recul s’accompagne d’une valorisation accrue du produit, perçu comme « noble » par 44 % des consommateurs (+ 12 points en six ans). Les usages se déplacent vers des moments plus intentionnels, plus ritualisés, où la qualité, l’origine et le sens priment sur l’habitude. Cette transformation bénéficie directement aux vins à forte identité, et notamment aux vins de Bourgogne, dont la lisibilité, la diversité des terroirs et l’authenticité répondent parfaitement à ces nouvelles attentes.

  • Les vins de Bourgogne résistent grâce à la montée des marques accessibles

Les achats de vins poursuivent en 2025 leur recul en grandes surfaces, - 3,6 % en volume sur un an (2025/2024), confirmant une tendance structurelle déjà installée depuis plusieurs années.
La dynamique du marché reste marquée par un effet ciseau : volumes en retrait, valeurs en tassement, et arbitrage des consommateurs vers des références plus accessibles.

Dans cet environnement difficile, les vins de Bourgogne affichent une résilience notable : les volumes d’achat croissent légèrement de 1,6 %, quand l’ensemble des AOC françaises recule de - 3,5 % (2025/2024). Le chiffre d’affaires des vins de Bourgogne progresse également (+ 1,8 % / 2024), porté par un prix moyen relativement élevé parmi les plus hauts du rayon vins tranquilles.

Deux types de marques amortissent le repli de ce circuit de distribution

Comme observé les années précédentes, la résistance des vins de Bourgogne repose en grande partie sur les marques les plus accessibles :

> Marques génériques (près de 48 % des achats)
• Volumes en croissance + 2 % à 6,2 % selon les couleurs
• Prix moyens maîtrisés autour de 10-12 €
• Gains principalement réalisés sur des références en dessous du prix moyen de la catégorie Bourgogne
Cette structure d’offre permet d’attirer une partie des consommateurs en arbitrage budgétaire, sans renoncer à l’origine Bourgogne.

> Marques de distributeurs (environ 34 % des volumes)
• Evolution proche de l’équilibre
• Positionnement 9 €
• Renouvellement régulier des gammes MDD régionales
Les MDD absorbent une part importante de la demande entrée de gamme, ce qui contribue à stabiliser les volumes Bourgogne dans un marché très concurrentiel.

Ces deux familles de marques concentrent l’essentiel des volumes gagnés ou préservés, et ce sous le prix moyen de l’appellation, confirmant un phénomène de “Bourgogne accessible” qui soutient la catégorie.

Les AOC les plus présentes permettent de se maintenir en GMS

Certaines appellations bourguignonnes très implantées en grande distribution permettent d’éviter le repli.

• AOC Bourgogne, dont Bourgogne plus dénomination géographique en blanc
Avec près de 3,4 millions de bouteilles, cette gamme reste la première référence bourguignonne en GMS, en volume comme en croissance (+ 10,3 %, 2025/2024).
Les marques génériques et MDD de cette AOC totalisent plus de 90 % des volumes, ce qui sécurise leur diffusion dans un contexte de tension sur les prix et les volumes d’achat.

• AOC Mâcon, dont Mâcon plus dénomination géographique en blanc
Grâce aux marques génériques (près de 58 % des volumes) on constate une croissance de + 7,5 % en volume (2025/2024).
Les Marques Domaines et Châteaux, plus premium, souffrent davantage du repli de la demande et se contractent encore cette année.

• AOC Petit Chablis
La famille des vins de Chablis conserve un rôle structurant pour les vins de Bourgogne, notamment à travers les Petit Chablis. Ceux-ci progressent encore fortement en volume (+ 13,7 % / 2024) tout en maintenant un niveau de valeur très élevé malgré les tensions généralisées sur les prix. Cette AOC reste l’une des AOC repère du rayon vin. 

Crémant de Bourgogne : un retour à la croissance en 2025, porté par un prix moyen en hausse

Après deux années de stabilisation, le Crémant de Bourgogne retrouve en 2025 une progression nette de ses volumes, atteignant 6,04 millions de bouteilles, soit + 1,4 % / 2024. Cette évolution marque une inflexion positive, dans un contexte effervescent global où les arbitrages prix restent marqués.
Dans le même temps, le chiffre d’affaires de l’appellation progresse encore plus fortement : 47,99 millions d’euros en 2025, soit + 2,6 % / 2024 (46,79 millions d’euros).
Le Crémant de Bourgogne continue ainsi de gagner en capillarité commerciale : le linéaire moyen augmente encore en 2025, notamment en Hypermarchés et en Supermarchés.

Export : des marchés en mutation dans un contexte géopolitique incertain

Le commerce international du vin n’avance plus en ligne droite : il oscille, se rééquilibre et apprend à composer avec des consommateurs qui arbitrent. Dans ce contexte, la Bourgogne affiche un rebond en volume (+ 3,7 % 2025 / 2024), contrastant avec une érosion de la valeur (- 1,8 % / 2024). Cet écart illustre une nouvelle phase : la Bourgogne stabilise ses flux, tout en absorbant les rééquilibrages de prix opérés depuis les pics de 2021-2023.

Face à elle, l’ensemble des AOC françaises évolue dans une trajectoire moins favorable (- 3,2 % en volume et - 4,3 % en valeur, 2025/2024). Le mouvement de fond sur 2016-2025 reste extrêmement positif pour la Bourgogne qui progresse (+ 20,7 %), alors que le total AOC recule (- 10,8 %). La part Bourgogne dans les exportations françaises 2025 atteint 12,5 %, soit + 0,8 point / 2024, signe d’une affirmation silencieuse mais solide de son poids relatif.

  • Les segments dynamiques en 2025

• L’AOC Bourgogne, dont les Bourgogne plus dénomination géographique en blanc : + 8,6 % en volume et + 3,3 % en valeur / 2024, pour environ 20 millions de bouteilles.
• L’AOC Mâcon, dont les Mâcon-Villages et Mâcon plus dénomination géographique en blanc : + 6,8 % en volume et + 0,1 % valeur, pour environ 9,3 millions de bouteilles.
• Le Crémant de Bourgogne : + 13,8 % en volume et + 13,5 % en valeur, pour environ 12,4 millions de bouteilles.

Ces performances confirment un ancrage de la demande sur les segments d’accès (AOP Régionales Bourgogne et Mâcon) et la vitalité durable du Crémant de Bourgogne. Le différentiel volume / valeur suggère des ajustements de tarifs et une recomposition des mix (répartition par cuvées, circuits et pays), maintenant une dynamique positive des volumes. 

Par couleur, la hiérarchie reste cohérente avec les tendances récentes : le blanc porte la croissance de la région, le Crémant de Bourgogne progresse avec régularité, tandis que les vins rouges et rosés demeurent plus sensibles aux arbitrages de prix.

  • Le top 5 des principaux marchés des vins de Bourgogne se réorganise

En 2025, les 5 premiers débouchés en volume sont : Etats-Unis (19,3 millions de bouteilles, - 7,9 % / 2024), Royaume Uni (14,2 millions de bouteilles, + 7,1 % / 2024), Canada (9,2 millions de bouteilles, + 15 % / 2024), Belgique (7 millions de bouteilles, + 8,7 % / 2024), Suède (6,3 millions de bouteilles, + 9,6 % / 2024).
Le repli américain contraste avec la reprise britannique, mais aussi avec les progressions du Canada, de la Belgique et de la Suède. Ces marchés matures restent sensibles au positionnement prix et aux conditions macroéconomiques (inflation résiduelle, devises), quand les marchés d’Europe du Nord confirment un intérêt soutenu pour les styles frais et effervescents.

  • Deux marchés nord-américains historiques et importants pour les vins de Bourgogne

États Unis – Un marché stratégique, mais fragilisé par la volatilité tarifaire douanière et le ralentissement de la consommation

Les États Unis demeurent la 1ère destination export des vins de Bourgogne en volume en 2025, avec 19,3 millions de bouteilles, et malgré un repli de - 7,9 % par rapport à 2024.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte marqué par une forte volatilité du cadre tarifaire douanier en 2025, qui a entraîné des interruptions d’expéditions, des variations rapides de prix et des périodes de reconstitution de stocks.
Les tensions commerciales ont pesé sur l’ensemble du marché nord-américain : les États Unis ont imposé en 2025 une série de nouveaux droits sur les importations de vins européens, avec des hausses allant jusqu'à 30 % envisagés, finalement stabilisés autour d’un tarif effectif proche de 15 % après accord transitoire avec l’Union Européenne.

À cela s’ajoute une baisse structurelle de la consommation aux États Unis, où les volumes du marché vin ont reculé d’environ - 4 % en 2024.
La montée des arbitrages prix, la concurrence des alternatives (« Prêts à Boire » (RTD), spiritueux légers) et le vieillissement du consommateur régulier accentuent cette tendance.
Dans ce contexte, les vins de Bourgogne résistent :
• Les vins blancs restent la locomotive, avec près de 12 millions de bouteilles exportées.
• Le Crémant de Bourgogne poursuit sa dynamique, avec une progression de + 12,9 % en 2025 / 2024.
• Les rouges et rosés refluent davantage.

La situation demeure évolutive : la combinaison tarifs + inflation logistique + baisse de consommation pourrait continuer de peser sur le segment premium importé dans les prochains mois. 

Canada – Un marché en accélération, soutenu par la dynamique post CETA et la reconfiguration des flux nord-américains

3ème  marché de la Bourgogne, le Canada affiche, en 2025, une progression remarquable : + 15 % en volume (9,2 millions de bouteilles) et + 14,3 % en valeur / 2024.
Le pays bénéficie d’un contexte singulier. D’un côté, la demande interne pour les vins premium reste robuste, malgré un environnement macroéconomique marqué par des tensions commerciales persistantes avec les États Unis, une croissance économique fragilisée au second semestre 2025 (Statistique Canada) et une inflation toujours soutenue.

De l’autre, la stabilité tarifaire, mise en place par le CETA depuis 2017, supprime les droits de douanes pour les vins européens et continue d’offrir un avantage compétitif majeur, notamment aux vins de Bourgogne. Cette situation contraste fortement avec l’environnement américain, et explique une partie du report naturel de la demande vers le marché canadien, notamment en 2024-2025. D’autant plus que les vins américains ont été sortis du marché suite aux à-coups géopolitiques, favorisant les importations européennes.

Les provinces jouent cependant un rôle déterminant, particulièrement au Québec qui demeure le moteur du marché :
• 74 % des ventes de blancs de Bourgogne se font via la SAQ.
• Les 3 AOC qui dominent les ventes de vins blancs au Canada (Bourgogne Aligoté, Chablis et Bourgogne en blanc), couvrent 80 % des volumes commercialisés dans la Province.

La Bourgogne se positionne aujourd’hui au Canada comme :
• Une offre premium accessible
• Une alternative stable aux tensions avec les Etats-Unis
• Un repère qualitatif apprécié des consommateurs, francophones comme anglophones

  • Royaume-Uni – Un marché qui se redresse et confirme son rôle structurant pour la Bourgogne

Le Royaume-Uni confirme, en 2025, sa place parmi les marchés stratégiques des vins de Bourgogne.
Si l’année 2024 a été marquée par une forme de prudence de la part des importateurs, les exportations repartent à la hausse en volume : + 7,1 % (14,23 millions de bouteilles). En valeur, on assiste à un ajustement (228,8 millions d’euros contre 251,7 millions d’euros en 2024), reflet d’une pression accrue sur les prix et d’arbitrages liés à un contexte économique britannique toujours instable. Ce mouvement ne remet toutefois pas en cause le caractère central du Royaume-Uni, où la Bourgogne conserve une image de fiabilité et de qualité.

Très présents, les vins blancs restent le moteur du marché. Ils progressent de manière nette en volume, à + 9 % / 2024 (10,8 millions de bouteilles) et se maintiennent en valeur (126,3 millions d’euros) malgré un environnement tarifaire exigeant.
Quelques familles d’AOC se distinguent particulièrement :
• Les AOC Chablis et Petit Chablis poursuivent leur dynamique, portés par leur lisibilité et un positionnement prix cohérent avec les attentes britanniques : + 19 % en volume / 2024 (2,913 millions de bouteilles) et + 16 % en valeur (25,6 millions d’euros).
• Les AOC Régionales Bourgogne en blanc (dont les Bourgogne plus dénomination géographique) confirment leur rôle structurant : + 24 % en volume / 2024 (2,13 millions de bouteilles) pour un chiffre d’affaires de 26,3 millions d’euros.
• Les AOC Régionales Mâcon en blanc (dont les Mâcon-Villages et Mâcon plus dénomination) renforcent leur attractivité : + 18 % en volume / 2024 (2,045 millions de bouteilles) pour un chiffre d’affaires de 11,8 millions d’euros.

Ces tendances témoignent d’un marché qui continue de privilégier les vins blancs de terroir, en quête de fraîcheur, de cohérence qualitative et de repères solides.

Les vins rouges, pour leur part, reculent en volume (- 9 % / 2024 avec 2,132 millions de bouteilles) comme en valeur (- 15 % / 2024, soit 96,1 millions d’euros). Cela reflète les arbitrages consommateurs sur les catégories premium, dans un contexte d’inflation persistante sur les produits importés. Les performances demeurent toutefois contrastées selon les niveaux d’appellations :
• Les AOC Régionales Bourgogne en rouge (dont les Bourgogne plus dénomination) se maintiennent :
+ 3 % / 2024 (884 000 bouteilles)
• Les AOC Grands Crus en rouge restent stables en volume (374 000 bouteilles) mais reculent en valeur
• Les AOC Villages de la Côte de Beaune marquent un retrait plus sensible

Cette segmentation confirme l’installation d’une demande plus attentive au positionnement prix, tout en restant attachée aux signatures bourguignonnes.

Enfin, le Crémant de Bourgogne poursuit son implantation sur le marché britannique. Les volumes progressent fortement (+ 27 % / 2024 pour un peu plus d’1,2 millions de bouteilles), tout comme le chiffre d’affaires (+ 30 %, soit 6,4 millions d’euros). Son rapport qualité-prix, combiné à un intérêt croissant pour les effervescents alternatifs au Champagne, en fait un relais de croissance durable pour la Bourgogne.

En 2025, le Royaume-Uni apparaît ainsi comme un marché en reprise sélective, où l’ajustement des valeurs masque une demande structurelle toujours solide. Le rebond des volumes, la dynamique renouvelée des blancs et la montée continue du Crémant de Bourgogne confirment que le pays reste un débouché essentiel pour la filière, capable d’absorber des volumes significatifs tout en maintenant une valorisation parmi les plus élevées des marchés export.

Les marchés historiques étant plus chahutés, de nouvelles perspectives peuvent apparaître dans certains pays, notamment dans le cadre d’accords commerciaux.

  • Deux marchés avec de nouveaux traités de libre-échange

Brésil – Un marché en croissance forte, porté par la premiumisation et l’ouverture commerciale

Le Brésil poursuit une trajectoire dynamique : les exportations de Bourgogne atteignent + 31 % en volume (917 000 bouteilles) et + 36 % en valeur en 2025 par rapport à 2024.

Ce marché reste encore modeste en poids relatif (0,9 % des volumes de vins de Bourgogne exportés en 2025), mais il s’affirme comme un réservoir de croissance. D’autant que le contexte macroéconomique est particulièrement porteur.

Pour la période 2025-2033, le marché brésilien du vin devrait afficher un taux de croissance annuel moyen compris entre 5,4 % et 9,8 % selon plusieurs cabinets (Grand View Research et Deep Market Insights), tiré par :
• La montée en gamme
• L’importance croissante des vins blancs et effervescents dans les régions urbaines
• Un changement culturel favorisant une consommation plus régulière et plus diversifiée

Les importations de vins français jouent un rôle clé dans le segment premium, soutenues par un positionnement prix relativement élevé mais cohérent avec les attentes des consommateurs aisés. 
Les hausses de volumes de Bourgogne en 2025 proviennent principalement de :
• l'AOC Chablis et Petit Chablis (+ 42,3 % de croissance / 2024)
• l'AOC Bourgogne, dont les Bourgogne plus dénomination géographique en rouge (+ 53,6 % / 2024)

Sur le plan commercial, le traité Union Européenne - Mercosur, adopté par la Commission européenne en septembre 2025, pourrait réduire progressivement les barrières douanières entre le Brésil et l’UE, ouvrant une fenêtre supplémentaire à moyen terme.

Inde – Un marché émergent où les perspectives s’élargissent mais restent conditionnées à la future baisse des droits de douane

Avec 23 000 bouteilles exportées en 2025 (0,02 % du volume export de la Bourgogne en 2025), l’Inde demeure un marché confidentiel mais stratégiquement prometteur. 

La consommation de vin dans le pays reste très faible (environ 0,02 litre par adulte et par an), mais en progression constante, soutenue par une population jeune, urbaine et en montée de revenus.
Le principal frein reste les droits d’importation de 150 %, auxquels s’ajoutent des taxes d’État complexes et variables selon les régions.

Toutefois, l’environnement évolue :
• Depuis fin 2025, les négociations pour un accord de libre-échange entre l’Union Européenne et l’Inde avancent significativement
• Les premières annonces évoquent une division potentielle par 5 à 7 des droits de douane à horizon 2027, selon les modèles envisagés par les autorités indiennes et européennes

Même si aucun impact immédiat n’est attendu, l’ouverture progressive du marché pourrait changer la donne dans les prochaines années, notamment pour :
• L’AOC Chablis, déjà majoritaire dans les exportations de vins de Bourgogne vers l’Inde (58 %)
• L’AOC Bourgogne en rouge
• Les AOC Villages du Mâconnais, toutes bien positionnées pour répondre aux attentes des classes moyennes supérieures urbaines

L’évolution du cadre tarifaire devra néanmoins être suivie avec prudence : les taxes d’État (Delhi, Karnataka, Maharashtra) pourraient freiner la baisse effective des prix pour le consommateur final.

Le tableau des résultats export des vins de Bourgogne (Cumul 12 mois 2025 / 12 mois 2024)
est disponible dans le point de situation économique ci-dessous.

Note économique rédigée par le Pôle Intelligence Economique et Stratégie - Comité des vins de Bourgogne - Mars 2026
(Sources : Douanes DEB&EMEBI+DAU, CAVB/FDAC, CIRCANA-IRI, Comité des vins de Bourgogne)

Contact :  Mathilde Paturaud - Attachée de presse France
Tél. 06 78 78 07 68 - mathilde.paturaud@bivb.com

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