Rully Premier Cru « La Pucelle », le vin qui a changé ma vie

Même quand on est né en Bourgogne, qu’on a grandi en Bourgogne et qu’on a choisi de travailler en Bourgogne, qui plus est dans le monde du vin, il y a des expériences vineuses qui marquent plus que d’autres. Un moment, une rencontre, une émotion particulière, un déclic, une révélation… une claque ! Je me souviens comme si c’était hier de cet instant si particulier où j’ai compris qu’un vin pouvait nous emmener loin, très loin. Bien plus loin qu’on ne pouvait l’imaginer.

#Première rencontre.
Juin 2008. Dijon. Terrasse du restaurant chez Léon. Rue des Godrans.
A l’époque, je suis officiellement « stagiaire », fraîchement diplômée d’un master en sciences politiques et en journalisme. Après 6 mois d’Erasmus en Pologne, j’ai posé mes valises à Dijon pour rejoindre l’équipe de Divine Comédie, une toute petite agence de communication spécialisée dans l’œnotourisme. J’aime l’état d’esprit, la philosophie de la boite mais je dois bien avouer que mes connaissances en vin restent limitées. J’apprends. J’avale les kilomètres, je goûte, je crache, je découvre, j’écoute et j’écris mes premiers papiers. Chaque dégustation est comme une leçon de vie. Un soir d’été, en fin de journée, mon maître de stage me donne rendez-vous sur une terrasse ombragée. Le patron prend la commande : ce sera un Rully Premier Cru « La Pucelle » du Domaine Jacqueson. On trinque, on parle de la pluie et du beau temps… Entre deux gorgées, il me propose un job, un vrai. Je bois ses paroles. Et dans le verre, la Pucelle a la saveur d’une « première fois ».

#Foule sentimentale
A partir de ce moment précis, nous ne nous quitterons plus. Ce Chardonnay, qui s’est invité dans ma vie presque par hasard, m’a ouvert les yeux. A ses côtés, j’ai compris que la Bourgogne avait une infinité d’histoires à raconter… J’ai bien sûr voulu en savoir plus. J’ai pris la route, direction la Côte Chalonnaise : j’ai rencontré Paul et Marie Jacqueson, j’ai crapahuté dans les vignes, j’ai regoûté ce vin dans l’intimité de leur cave. À chaque fois, la même émotion. Toujours intacte. Je ne sais pas pourquoi, mais lui et moi on s’entend bien. J’aurais pu garder le silence. Repartir avec quelques bouteilles et me taire. A l’époque Rully n’était pas une appellation star qui attirait tous les regards... J’avais une mission : faire découvrir cette pépite ! Mon patron répétait souvent : « un bon vin doit mettre tout le monde d’accord ». « La Pucelle » en était l’exemple parfait. A l’apéritif ou à l’improviste, à table, à l’aveugle, avec des néophytes ou des pros : ce vin n’a jamais laissé personne indifférent. Mieux : pas mal d’entre eux tombaient même amoureux de cet incroyable blanc !

#Partenaire particulier
J’ai grandi, ma cave aussi, mais le Rully Premier Cru « La Pucelle » a toujours une place de choix. Ce flacon renferme des souvenirs et reste, aujourd’hui encore, plein de promesses. Il me replonge en arrière et m’ouvre de nouvelles perspectives. Il me rassure, me réconforte et me donne de l’élan. Depuis quelques temps, je ne l’ouvre plus au hasard. Je choisis le moment, je choisis les gens. Des retrouvailles à l’autre bout du monde, mes 30 ans en excellente compagnie chez Lameloise, une fondue partagée secrètement dans un chalet d’alpage : 12 ans après notre première rencontre, ce vin - mon vin - fait toujours battre mon cœur...