Préserver le trésor : il est dans le sol La vigne reçoit l'influence du soleil par photosynthèse. Elle puise dans le sol et le sous-sol une grande partie de ses ressources vivifiantes et qualitatives. Elle absorbe par ses racines des éléments assimilables. Ceux-ci influent sur la fertilité ainsi que sur l'excellence du vin (calcaire actif notamment mais aussi l'argile, les cailloutis, la pente...).Depuis une trentaine d'années, l'importance des oligo-éléments apparaît essentielle. Plus récemment, des recherches fondamentales et appliquées mettent en valeur les organismes vivants du sol. Des macro-organismes : racines des ceps et animaux visibles. Des micro-organismes : amibes, algues, champignons, bactéries diverses. Des millions, sinon des milliards de substances vivantes peuvent exister en un seul gramme de terre ! C'est comprendre à quel point ce patrimoine naturel est sensible, et doit être vivifié, protégé. L'enherbement, les labours sont maintenant l'objet d'études très fines, de façon à améliorer l'approche raisonnée du sol et du sous-sol, des traitements de la vigne. Après les premières attaques du mildiou au XIXe siècle, tous les vignobles ont eu recours aux traitements par le cuivre (la bouillie bordelaise, dont il n'existe de nos jours aucune forme de remplacement). De même les fertilisants ont eu recours aux nitrates, à la potasse. Quels qu'en soient les moyens d'accès, l'ensemble de la viticulture bourguignonne tend aujourd'hui à des modes raisonnés d'apports phytosanitaires, et de plus en plus à des règles rigoureuses. Il s'agit sans doute de produire un vin de qualité remarquable, plus apte à la santé humaine, mais aussi de garantir aux générations futures un sol capable de durer ainsi que la typicité du terroir et du cru. Comme dans la fable, le trésor est ici dans le sol. D'où la nécessité de le protéger contre les agents extérieurs, l'érosion, etc. qui peuvent le dénaturer. Il a fallu des temps quasiment infinis pour fixer ce bref rendez-vous amoureux de l'histoire et de la géographie. La Bourgogne sait de nos jours le préserver comme la prunelle de ses yeux. |




