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Côte de Nuits et Côte de Beaune n'ont pas le même âge

Chambolle-MusignyLa Côte (de Dijon à Santenay) domine la plaine bressane de 150 à 200 m. Une ligne de cassure entre les plateaux calcaires (Hautes-Côtes) et le fossé. L'ondulation anticlinale dite " de Gevrey " relève le Jurassique moyen, faisant apparaître le Lias supérieur. L'ondulation synclinale dite " de Volnay " abaisse le Jurassique supérieur au niveau bressan. Callovien, oxfordien, portlandien, ces étages géologiques participent à la diversité de bases plus ou moins calcaires ou argileuses. Les affleurements géologiques dus à cette rupture de faille permettent de comprendre la complexité du terroir, l'âme particulière de chaque vin.

Dans les Côtes de Nuits et de Beaune, rendzines et sols bruns calcaires prédominent, le plus souvent élaborés à partir d'un manteau d'éboulis. Là se mêlent cailloutis gélivés (marqués par le gel) et limons rouges soliflués (terrains qui se sont déplacés sur un versant) sur des assises marneuses ou calcaires. La plupart des grands crus se situent en milieu de coteau. La terre arable n'occupe souvent qu'une couche peu profonde, en contact soudain avec la roche-mère, mais les racines de la vigne savent se faufiler par la moindre fissure et atteindre parfois une dizaines de mètres.

La Côte de Nuits est plus âgée (Jurassique moyen, il y a 175 millions d'années) que la Côte de Beaune (Jurassique supérieur, il y a 150 millions d'années). Face au soleil levant, la Côte de Nuits suit un axe rectiligne tandis que la vigne joue à saute-mouton par-dessus les combes étroites et rocheuses. La Côte de Beaune semble suivre le soleil du regard et s'oriente peu à peu vers le Midi. Ses combes plus douces accueillent la vigne sur leurs versants. Disparu en profondeur à Ladoix, le calcaire de Comblanchien réapparaît à Meursault.

              
Sol en Côte de Beaune
Le pinot noir aime surtout la terre calcaire des coteaux bien drainés par les cailloutis et en pente légère : l'excellence des grands crus rouges, profonds et subtils, dont le corps, le bouquet et la robe s'harmonisent à merveille. Des vins de grande garde car construits sur des assises sûres et pérennes. Les sols argilo-limoneux et plus humides du piedmont donnent au vin assez de puissance mais un peu moins d'élégance. Les terrains d'élection du chardonnay sont également calcaires et en coteaux, sur des formations marneuses parfois très argileuses : marnes kimméridgiennes de Chablis, oxfordiennes du Corton-Charlemagne ou de la partie méridionale de la Côte de Beaune, offrant à ce cépage une grâce parfaite : l'or alchimique, nuancé d'émeraude au regard ; la sensibilité des arômes, un goût unique sur la Terre. Pierre Poupon témoigne : du même cépage, du chardonnay, ainsi que d'un violon, la Bourgogne tire tant de coups d'archet, de Chablis à Pouilly-Fuissé ! Chacun est celui du terroir, au gré de ces compositeurs qui s'appellent le viticulteur et le vinificateur, les bonheurs du millésime.

La nature offre quelques excellentes coupes géologiques, la Montagne de Corton par exemple ou la roche de Solutré en Mâconnais.
Le terroir de Bourgogne
Le vin de Bourgogne naît d'abord d'un terroir
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