L'ordonnance de FagonAlors tranquille, le vin de Champagne est le seul rival du vin de Bourgogne. Choisi comme médecin de Louis XIV (1693), Fagon rédige une ordonnance qui prescrit à son patient " le vin vieux de Bourgogne " comme vin de régime. Ses effets sont salutaires. Aussitôt la Cour boit du Bourgogne… et délaisse le Champagne. A la même époque Claude Brosse vigneron en Mâconnais se rend à Versailles avec ses tonneaux : le pionnier de la vente directe ! Le XVIIIe siècle est dédié aux sciences, à la raison. On cherche à comprendre l'excellence du vin de Bourgogne. S'agit-il du sol, du sous-sol, des événements climatiques, du cépage, de l'influence humaine ? Le vin des Lumières La robe, les arômes, le goût deviennent de plus en plus précis. Aux courtiers-gourmets d'autrefois (ils accueillaient et guidaient le client), aux commissionnaires (ils achetaient pour le compte du client et lui envoyaient le vin) succèdent à cette époque les premiers négociants-éleveurs (Champy en 1720 puis beaucoup d'autres) très présents outre-Rhin. La haute bourgeoisie, la noblesse (Parlement de Bourgogne) s'intéressent à la vigne et prennent peu à peu la suite des monastères en déclin. La Romanée Conti devient Conti et la Révolution survientEn 1760, Louis-François de Bourbon, prince de Conti acquiert l’un des clos de l’abbaye de Saint-Vivant à Vosne : La Romanée qu’il fait briller de tous ses feux. Enfin un touriste, et de marque ! Thomas Jefferson visite le vignoble bourguignon en 1787. Il en donne la première description par une plume étrangère.
Deux siècles plus tard, la hiérarchie qu’il établit demeure admise. On lui doit les premières bouteilles de Bourgogne dans la cave de la Maison Blanche.
1789 fait l’effet d’un coup de théâtre. Les esprits bouillonnent comme moût en cuve.
Les biens du Clergé sont confisqués de même que ceux d’une partie de la noblesse, devenant « nationaux » et bientôt mis aux enchères. La très importante redistribution de la propriété, surtout dans les crus les plus éminents, profite à la bourgeoisie bourguignonne ou à des spéculateurs parisiens. Une page se tourne, une nouvelle s’ouvre. Les sans-culottes ont cependant le sens de la publicité : La Romanée devient alors La Romanée-Conti quand bien même le prince en serait dépouillé… Un grand nom peut toujours servir ! |






